Tester l'or : idées reçues et vrais tests

« Il suffit de le mordre », « l’or n’est pas attiré par l’aimant », « passez-le au vinaigre » : les recettes pour vérifier un bijou en or ne manquent pas. Certaines peuvent écarter un faux grossier, mais aucune ne prouve qu’un objet est en or, ni à quel titre. Et quelques-unes peuvent abîmer un bijou authentique. Voici ce qu’il faut en penser, et comment les professionnels procèdent.
Commencer par les poinçons
Avant tout test, regardez le bijou à la loupe. Le poinçon de titre (tête d’aigle pour l’or 18 carats en France, ou un chiffre comme 750, 585, 375) donne une première indication sérieuse, surtout s’il est accompagné d’un poinçon de maître. Voir lire les poinçons. Les mentions GP, GF, RGP ou « plaqué » signalent au contraire un bijou plaqué (voir or massif, plaqué, vermeil, doré).
Un poinçon peut cependant être usé, absent ou contrefait. D’où l’intérêt des tests.
Les tests maison et leurs limites
| Test | Idée | Ce qu’il vaut vraiment |
|---|---|---|
| Aimant | L’or n’est pas magnétique | Si l’objet colle, ce n’est pas de l’or massif. S’il ne colle pas, cela ne prouve rien : cuivre, laiton, argent ou tungstène ne collent pas non plus. Un fermoir à ressort en acier peut aussi attirer l’aimant. |
| Morsure | L’or est tendre | Peu fiable et risqué : l’or 18 carats est assez dur, un plaqué épais peut résister, et on peut abîmer le bijou ou une dent. |
| Vinaigre | L’or ne réagit pas | Un bijou plaqué peut aussi ne pas réagir tant que la couche d’or est intacte. |
| Trace sur céramique | L’or laisse une trace dorée | Rayer un bijou l’abîme, et l’interprétation est hasardeuse. |
| Flamme | L’or ne noircit pas | Risque d’abîmer les pierres, le rhodium ou les soudures. À éviter. |
| Flottaison | L’or est lourd | Ne donne aucune mesure exploitable sans matériel de précision. |
Ces « tests » peuvent tout au plus faire douter d’un objet. Ils ne permettent jamais de conclure qu’il est en or, ni de connaître son titre.
Les méthodes des professionnels
La pierre de touche et les acides
C’est la méthode traditionnelle des bijoutiers. On frotte discrètement le bijou sur une pierre de touche, une pierre noire et mate, pour y laisser une fine trace de métal. On dépose ensuite des acides de différentes forces, calibrés pour chaque titre : selon que la trace résiste ou se dissout, on en déduit le titre approximatif. La méthode est rapide et ne laisse qu’une marque minime sur le bijou, mais elle ne teste que la surface frottée.
La fluorescence X (XRF)
Un appareil envoie des rayons X sur le bijou et analyse le rayonnement renvoyé, qui révèle la composition du métal en surface : part d’or, d’argent, de cuivre, de palladium… L’analyse ne laisse aucune trace. Sa limite : elle lit surtout la couche superficielle, et un plaquage épais peut tromper une lecture isolée.
La densité
L’or est très dense. La mesure de la densité par pesée hydrostatique (dans l’air puis dans l’eau) permet de vérifier si un objet massif, comme une pièce ou un lingotin, a une densité compatible avec son titre annoncé. Elle est moins utile pour un bijou serti ou creux.
Les mesures de pièces et lingotins
Pour une pièce ou un lingotin aux caractéristiques connues, le poids, le diamètre et l’épaisseur donnent déjà beaucoup d’indications. Une pièce de 20 francs or doit peser 6,45 g et mesurer 21 mm (voir le Napoléon 20 francs or). Des appareils mesurant la conductivité électrique ou les ultrasons complètent l’examen pour les objets massifs.
L’essai par fusion
Méthode de référence en laboratoire, l’essai par coupellation détermine le titre avec une grande précision, mais il détruit l’échantillon prélevé. Il est réservé à l’affinage et au contrôle officiel.
Que faire en pratique
- Pour un bijou hérité : un bijoutier peut le tester rapidement, souvent à la pierre de touche ou par XRF.
- Avant un achat d’occasion : demander à faire tester l’objet, ou acheter auprès d’un professionnel (voir acheter un bijou en or d’occasion).
- Avant une revente : l’acheteur professionnel testera lui-même, ce qui est normal (voir revendre ses bijoux en or).
Mieux vaut un test professionnel de quelques minutes qu’une expérience à la maison qui risque d’abîmer un bijou authentique.



