Le Napoléon 20 francs or : histoire, types et caractéristiques

Le « Napoléon » est la pièce d’or la plus connue des Français. Le mot désigne d’abord les pièces de 20 francs or frappées à l’effigie de Napoléon Ier puis de Napoléon III, mais il s’est étendu, dans l’usage, à toutes les pièces françaises de 20 francs or, y compris celles de la République au Génie ou au Coq. Elle se garde souvent à côté des bijoux, dans le même coffret, comme une forme d’or d’épargne facile à transmettre.
Les caractéristiques
Toutes les pièces françaises de 20 francs or partagent les mêmes caractéristiques techniques, fixées au début du XIXe siècle et reprises par l’Union latine :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Poids total | 6,45 g |
| Titre | 900 ‰ (or 21,6 carats) |
| Or fin | environ 5,81 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Alliage | or et cuivre |
Le cuivre rend la pièce plus résistante à l’usure que l’or pur. C’est le même titre et le même poids que d’autres pièces de 20 francs de l’Union latine, comme le 20 francs suisse Vreneli.
Un peu d’histoire
Le franc germinal, créé en 1803 sous le Consulat, définit le franc par un poids de métal précieux. Les pièces de 20 francs or en sont l’expression la plus célèbre. Elles ont été frappées sous les régimes successifs, du Consulat à la Troisième République, jusqu’à la Première Guerre mondiale, qui met fin à la circulation des pièces d’or en France.
En 1865, l’Union latine réunit la France, la Belgique, l’Italie et la Suisse, rejointes ensuite par la Grèce, autour de pièces aux caractéristiques communes, ce qui facilite leur circulation d’un pays à l’autre.
Les grands types
Sans entrer dans le détail des millésimes et des ateliers, qui relève de la numismatique, on distingue plusieurs grands types :
- Napoléon Ier : Bonaparte Premier Consul, puis Napoléon Empereur, tête nue puis tête laurée ;
- Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : les pièces des rois de la Restauration et de la monarchie de Juillet ;
- Napoléon III : « tête nue » puis « tête laurée », ces dernières étant parmi les plus fréquentes ;
- le Génie : un génie ailé gravant la Constitution, frappé sous la Deuxième puis la Troisième République (voir notre fiche 20 francs or Génie) ;
- le Coq (ou « Marianne Coq ») : effigie de Marianne au droit et coq au revers, frappé au tournant du XXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Pour l’épargnant, ces types ont en général la même valeur, fondée sur l’or contenu. Pour le collectionneur, certains millésimes rares ou des pièces en très bel état peuvent valoir beaucoup plus.
Pièce d’épargne ou pièce de collection
Il faut distinguer deux marchés :
- Le marché de l’or d’investissement : le Napoléon courant s’y négocie sur la base de son poids d’or fin, avec une prime qui varie selon l’offre et la demande. C’est le cas de la grande majorité des pièces.
- Le marché numismatique : un exemplaire rare ou exceptionnellement conservé s’apprécie selon sa rareté et son état, évalués par un numismate. Il ne faut pas le vendre au prix de l’or.
Avant de vendre une pièce héritée, il peut donc être utile de vérifier son millésime et son état auprès d’un professionnel.
L’état de conservation
Les numismates décrivent l’état d’une pièce avec une échelle allant de l’usure importante à l’état « fleur de coin ». Pour l’investisseur, l’état compte peu, sauf si la pièce est abîmée (rayée, percée, montée en bijou), ce qui peut réduire sa prime voire la faire racheter au poids.
Bon à savoir : une pièce montée en pendentif ou soudée sur une bague reste de l’or, mais elle perd en général son statut de pièce d’investissement. Voir bijou en or ou pièce d’or.
Reconnaître une fausse pièce
Des faux Napoléons existent, certains anciens. Quelques vérifications sont possibles : poids (6,45 g, avec une petite tolérance due à l’usure), diamètre (21 mm), épaisseur, netteté de la gravure, tranche (inscription sur la tranche selon les types). En cas de doute, un professionnel peut tester la pièce. Voir tester l’or : idées reçues et vrais tests.
Conserver ses Napoléons
On les conserve à l’abri des chocs et des frottements, idéalement dans des capsules ou des étuis, sans les nettoyer : un nettoyage abrasif peut faire perdre de la valeur à une pièce de collection. Pour les autres pièces d’or courantes, voir les pièces d’or les plus échangées.
La fiscalité de l’achat et de la revente des pièces d’or a ses propres règles, qui évoluent : elles relèvent d’un professionnel ou de l’administration fiscale.



