Bijou en or ou pièce d'or : deux façons de détenir de l'or

On entend parfois qu’acheter un bijou en or, c’est « placer son argent ». C’est en partie vrai : un bijou en or massif conserve la valeur du métal qu’il contient. Mais un bijou et une pièce d’or ne répondent pas du tout au même besoin, et leur économie est très différente. Cet article les compare point par point, sans donner de conseil d’investissement : il s’agit seulement de comprendre ce que l’on achète.
Ce que l’on paie
Pour un bijou, le prix comprend :
- la valeur de l’or contenu, selon son poids et son titre ;
- la façon, c’est-à-dire le travail de création et de fabrication ;
- les éventuelles pierres ;
- la marge du fabricant et du vendeur ;
- la TVA.
Pour une pièce ou un lingotin d’investissement, le prix comprend la valeur de l’or contenu et une prime, généralement bien plus faible que la façon et la marge d’un bijou.
Notre article comment se forme le prix d’un bijou en or détaille ces composantes.
Ce que l’on récupère à la revente
C’est là que la différence est la plus nette.
| Bijou courant | Pièce ou lingotin | |
|---|---|---|
| Base du rachat | Poids d’or fin, moins la marge de l’acheteur | Poids d’or fin, plus ou moins une prime |
| Façon, TVA, marque | Non récupérées | Sans objet |
| Petites pierres | Rarement valorisées | Sans objet |
| Écart achat / revente | Important | Plus faible |
Un bijou ordinaire se revend donc nettement moins cher qu’il n’a coûté, alors qu’une pièce ou un lingotin se revend à un prix plus proche de son prix d’achat, cours de l’or égal par ailleurs. Il existe des exceptions : bijoux signés, anciens ou recherchés, qui peuvent valoir plus que leur poids d’or (voir revendre ses bijoux en or).
Le titre
Les bijoux français sont le plus souvent en or 18 carats (750 ‰), parfois moins. Les pièces anciennes sont à 900 ‰ ou 916,7 ‰, les pièces modernes et lingotins souvent à 999,9 ‰. À poids égal, un lingotin contient donc nettement plus d’or fin qu’un bijou. Voir Or 9, 14, 18 ou 24 carats.
L’usage
C’est le grand atout du bijou : on le porte. Il a une valeur d’usage, esthétique et souvent sentimentale, que la pièce n’a pas. Une alliance, une chevalière, une médaille de baptême ont un sens que l’on ne mesure pas au gramme.
La pièce et le lingotin, eux, restent dans un coffre. Ils n’ont pas d’autre fonction que de conserver de l’or sous une forme standard, reconnue et facile à échanger.
La liquidité
Les pièces courantes, comme le Napoléon, et les lingotins de marques connues s’échangent facilement chez les professionnels, à un prix qui suit le cours. Un bijou se revend aussi, mais généralement au poids, après vérification du titre, et parfois avec un test (voir lire les poinçons).
La fiscalité
En France, l’or d’investissement (certaines pièces et les lingots répondant à des critères définis) et les bijoux ne relèvent pas des mêmes règles fiscales, que ce soit pour la TVA à l’achat ou pour la taxation à la revente. Ces règles évoluent et comportent des options et des seuils ; elles se vérifient auprès d’un professionnel ou de l’administration fiscale au moment de la vente.
La transmission
Bijoux comme pièces se transmettent facilement d’une génération à l’autre. Les bijoux portent une histoire, mais ne conviennent pas toujours au goût des héritiers ; ils peuvent alors être transformés. Les pièces se partagent plus aisément entre plusieurs personnes.
La conservation
| Bijou | Pièce ou lingotin | |
|---|---|---|
| Risques | Usure, rayures, perte en le portant | Peu de manipulation |
| Conservation | Écrin, rangement séparé | Capsule, emballage scellé, coffre |
| Assurance | À déclarer | À déclarer |
Voir assurer ses bijoux en or.
En résumé
- On achète un bijou pour le porter, et l’or qu’il contient conserve une partie de sa valeur.
- On achète une pièce ou un lingotin pour détenir de l’or sous une forme standard, au plus près du cours.
Beaucoup de familles combinent les deux, dans le même coffret. Pour aller plus loin : les pièces d’or les plus échangées et les lingotins d’or.



